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Salaire ou dividendes

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Salaire ou dividendes : comment se rémunérer en tant que fondateur d'une OÜ estonienne

Salaire, jeton de présence ou dividendes : comment vous rémunérer depuis votre OÜ estonienne en vivant en France, sans mauvaise surprise sociale.

Salaire, jeton de présence ou dividendes : comment vous rémunérer depuis votre OÜ estonienne en vivant en France, sans mauvaise surprise sociale.

En tant que fondateur d’une société e-Residency estonienne installé en France, vous avez trois façons de vous rémunérer : un salaire, un jeton de présence (rémunération de membre du directoire), ou des dividendes - et aucune des trois n’a le même prix une fois votre résidence française comptée. Côté estonien, les règles sont permissives : aucun salaire minimum obligatoire pour un dirigeant, un impôt social de 33 % qui ne s’applique qu’à ce que vous versez réellement, et 0 % de retenue à la source sur les dividendes. Côté français, la réalité change tout : vous restez résident fiscal français, votre travail reste soumis à la sécurité sociale française en vertu du droit européen, et une OÜ qui ne distribue jamais rien peut tomber dans le champ d’un article du CGI que peu de fondateurs connaissent. Ce guide pose la politique de rémunération à plat : ce que chaque voie coûte, ce qu’elle protège, et comment les combiner.

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L’essentiel en bref

  • Trois voies existent - salaire, jeton de présence (rémunération de membre du directoire), dividendes - et l’Estonie n’impose aucune des trois.

  • Résidence en France = sécurité sociale française pour tout travail exécuté depuis la France, en vertu du règlement européen 883/2004 (art. 11 §3 a), quelle que soit l’étiquette du versement.

  • Salaire pour un travail exécuté en France : imposé en France (art. 15 de la convention franco-estonienne), pas en Estonie.

  • Jeton de présence : toujours imposé en Estonie à 22 % (art. 16), même exercé à distance depuis la France, puis réintégré dans votre revenu français avec un crédit d’impôt.

  • Dividendes : 22/78 côté OÜ, puis 31,4 % de PFU en France - environ 46,5 % de taux effectif combiné sur un exemple de 30 000 €.

  • “Je ne me verse que des dividendes” a un coût réel : aucun trimestre de retraite validé, et une trésorerie qui s’accumule peut faire entrer l’OÜ dans le champ de l’article 123 bis du CGI.

Les trois façons de vous payer depuis votre OÜ

Une société estonienne peut vous reverser de l’argent de trois manières juridiquement distinctes, et l’Estonie ne vous impose aucune des trois. Un salaire au titre d’un contrat de travail (tööleping) rémunère un travail réellement effectué. Un jeton de présence (ou rémunération de membre du directoire, juhatuse liikme tasu) rétribue votre mandat social plutôt qu’un travail. Des dividendes constituent un retour sur votre participation au capital. Rien n’oblige un dirigeant d’OÜ à choisir l’une plutôt qu’une autre, et vous pouvez combiner les trois sur une même année - c’est la différence de traitement une fois votre résidence française comptée, pas le taux facial estonien, qui détermine ce que vous gardez réellement.

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Le salaire : simple en Estonie, mais c’est la France qui décide

Un salaire versé pour un travail exécuté physiquement en France est, sur le plan fiscal, un revenu français : l’article 15 de la convention franco-estonienne de 1997 attribue le droit d’imposer les salaires à l’État où le travail est exercé, pas où l’employeur est enregistré. Si vous travaillez depuis votre bureau en France pour votre propre OÜ, ce salaire échappe à l’impôt sur le revenu estonien de 22 % et entre directement dans votre barème progressif français. Rien n’empêche de formaliser ce salaire par un contrat de travail estonien classique : il devra respecter le salaire minimum légal 2026, à deux étages - 886 € de janvier à mars, 946 € à partir du 1er avril -, et vous devrez être inscrit au registre estonien de l’emploi (TÖR) avant votre premier jour. Ces obligations restent estoniennes et formelles ; le vrai coût social se joue ailleurs, comme on le voit plus bas.

Le jeton de présence : toujours imposé en Estonie, où que vous soyez

Un jeton de présence (rémunération de membre du directoire) suit la règle inverse : il reste imposable en Estonie à 22 %, retenu par l’OÜ, quel que soit le pays depuis lequel vous exercez vos fonctions de dirigeant. L’article 16 de la convention attribue ce droit à l’État de résidence de la société, précisément parce qu’un jeton de présence rémunère un mandat social et non un travail localisé. Vivant en France, vous devrez néanmoins réintégrer ce revenu dans votre déclaration française, avec un crédit d’impôt pour l’impôt estonien déjà acquitté - le mécanisme précis mérite d’être vérifié avec un fiscaliste. Contrairement au salaire, aucun salaire minimum ni inscription au TÖR ne s’applique ici puisqu’il ne repose pas sur un contrat de travail.

Les dividendes : 0 % de retenue, mais pas 0 % d’impôt

Les dividendes distribués par votre OÜ supportent d’abord l’impôt sur les sociétés estonien, calculé en 22/78 du montant net distribué - un bénéfice non distribué, lui, reste taxé à 0 % tant qu’il reste dans la société. Aucune retenue à la source n’est prélevée sur le dividende versé à un actionnaire non-résident, ce qui donne l’impression trompeuse d’un circuit sans friction. Une fois perçu en France, il supporte le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) - sans crédit d’impôt réel, puisque l’Estonie n’a rien retenu à la source. Nous détaillons la mécanique déclarative complète - formulaire 2778-DIV-SD, cases 2042 et 2047 - dans cet article dédié.

Ce que chaque voie coûte réellement une fois votre résidence française comptée

Le taux facial estonien ne dit presque rien du coût réel : c’est la combinaison du régime fiscal estonien et du régime français - impôt sur le revenu et sécurité sociale - qui fixe la note finale. Le tableau suivant compare les trois voies sur ce qui compte vraiment : qui impose le revenu, qui prélève des cotisations sociales, et quels droits chaque euro vous ouvre.


Salaire

Jeton de présence

Dividendes

Ce que ça rémunère

Un travail réellement exécuté

Votre mandat de dirigeant

Votre participation au capital

Impôt sur le revenu

Français si le travail est exécuté en France (art. 15) ; estonien seulement si le travail est fait en Estonie

Estonien, 22 %, toujours (art. 16), puis réintégré en France avec crédit d’impôt

22/78 côté OÜ, puis PFU français 31,4 % (aucun crédit d’impôt réel)

Sécurité sociale

Française dès l’exécution en France (règlement 883/2004, art. 11 §3 a) - CNFE/Urssaf Alsace, déclaration via TFE

Généralement française aussi, même mécanisme, si le mandat correspond à un travail réel exercé depuis la France

Aucune - pas une rémunération du travail

Formalités estoniennes

Inscription au TÖR avant le premier jour ; salaire ≥ minimum légal (886 €/946 €) si contrat estonien

TSD, déclaration mensuelle, échéance le 10 du mois suivant

TSD Annexe 7 + INF 1 ; rapport annuel approuvé requis

Ce que ça ouvre comme droits

Couverture française complète (maladie, retraite de base et complémentaire) selon le régime auquel vous cotisez

Cotisation sociale si activité réelle exercée en France ; sinon aucune couverture

Aucune couverture sociale, aucun trimestre de retraite

Le calendrier fiscal estonien complet - TVA, TSD, rapport annuel - est détaillé dans notre guide des échéances estoniennes. Ici, ce qui compte, c’est que la case “Sécurité sociale” bascule côté français dès que le travail quitte l’Estonie pour votre salon ou votre bureau - un point que la plupart des guides génériques sur l’e-Residency ne mentionnent jamais.

Le vrai verrou : vous vivez et travaillez en France

Le point que la plupart des guides génériques sur l’e-Residency passent sous silence, c’est que votre lieu de résidence - pas le siège de votre société - décide de votre sécurité sociale. Le règlement européen 883/2004, article 11 paragraphe 3 a), pose une règle simple : vous relevez du régime de sécurité sociale de l’État où vous exercez physiquement votre activité, indépendamment du pays où votre employeur est enregistré. Si vous vivez en France et pilotez votre OÜ depuis chez vous, c’est la sécurité sociale française qui s’applique à ce travail - salaire ou jeton de présence -, pas l’impôt social estonien de 33 %.

Concrètement, votre OÜ devient un employeur étranger sans établissement en France, et la réglementation lui impose de s’immatriculer au Centre national des firmes étrangères (CNFE), rattaché à l’Urssaf Alsace, avant votre premier jour, puis de déclarer et payer les cotisations françaises via le service simplifié TFE (titre firmes étrangères). Le certificat A1, qui permet à un salarié détaché temporairement de garder la sécurité sociale de son pays d’origine, ne vous aidera pas : il couvre les missions temporaires, pas une activité continue exercée depuis votre résidence habituelle. Beaucoup découvrent cette obligation après coup, en pensant qu’un versement estonien classique - impôt social de 33 %, base minimale de 886 €, obligation minimale de 292,38 € - règle la question sociale. Ce n’est pas le cas dès que vous travaillez depuis la France : c’est l’Urssaf, pas l’EMTA, qui a le dernier mot.

Pourquoi les articles 15 et 16 ne suffisent pas à eux seuls

Les articles 15 et 16 de la convention franco-estonienne de 1997 règlent seulement l’impôt sur le revenu - laquelle des deux administrations fiscales a le droit de taxer votre salaire ou votre jeton de présence. Ils ne disent rien de la sécurité sociale, qui relève d’un texte entièrement différent, le règlement européen 883/2004. Un fondateur peut donc avoir un jeton de présence correctement imposé en Estonie au titre de l’article 16, tout en devant par ailleurs des cotisations sociales françaises sur ce même versement au titre du droit européen - les deux textes s’appliquent en parallèle, pas l’un à la place de l’autre. Vérifiez la portée exacte de ces articles pour votre situation dans notre guide de la convention fiscale franco-estonienne.

Pourquoi “je ne me verse que des dividendes” est si répandu - et ce que ça coûte

La tentation est réelle et légale : ne toucher que des dividendes évite l’impôt social estonien, l’immatriculation au CNFE, et toute paperasse de sécurité sociale des deux côtés. C’est le schéma que suit une bonne partie des fondateurs e-résidents ayant déjà une couverture par ailleurs - salariés en France, conjoint couvrant le foyer, ou résidents dont la couverture maladie de base (PUMA) reste généralement attachée à la résidence plutôt qu’aux cotisations. Le problème n’est pas immédiat, il est cumulatif : chaque année sans salaire ni jeton de présence est une année sans trimestre de retraite validé en France, et cette facture n’apparaît que des décennies plus tard.

Le second coût est moins connu : une OÜ qui ne distribue jamais rien voit sa trésorerie s’accumuler, et un bilan devenu majoritairement composé de dépôts et de valeurs mobilières est précisément ce que vise l’article 123 bis du CGI. Une OÜ réellement opérationnelle - conseil, e-commerce, personnel employé - reste en principe hors champ tant que son actif reste majoritairement des moyens d’exploitation réels. Mais plus le profit s’accumule sans être distribué ni réinvesti, plus le bilan se rapproche du profil ciblé par 123 bis, et plus la question mérite d’être posée à un fiscaliste. Nous détaillons ce mécanisme et son cousin l’article 209 B dans notre guide des règles CFC françaises.

L’Estonie ne vous demande rien : pas de salaire minimum, pas de jeton de présence obligatoire, pas de retenue à la source. Vivre en France, en revanche, vous demande beaucoup - et c’est la fiscalité et la sécurité sociale françaises, pas l’estonienne, qui fixent le vrai prix de chaque euro que vous vous versez.

Un exemple chiffré : 30 000 € de bénéfice, trois façons de le sortir

Prenons un exemple purement illustratif : votre OÜ dégage 30 000 € de bénéfice disponible et vous vivez en France, où vous exécutez l’essentiel de votre travail. Aucune des trois voies n’aboutit au même net, et l’écart tient presque entièrement à la sécurité sociale française.


Salaire (travail exécuté en France)

Jeton de présence

Dividendes

Impôt / charges côté estonien

0 € - ce n’est pas un revenu de source estonienne

6 600 € d’impôt sur le revenu (22 % du montant brut)

6 600 € d’impôt sur les sociétés (22/78)

Charges côté français

Cotisations sociales françaises (CNFE/TFE) sur la quasi-totalité du montant, plus impôt au barème

Cotisations françaises probables, plus impôt français avec crédit pour les 6 600 € payés en Estonie

PFU de 31,4 % sur les 23 400 € nets, soit 7 348 €

Net dans votre poche (exemple)

Nettement inférieur à 30 000 € - à chiffrer avec votre expert-comptable

Nettement inférieur à 23 400 € si des cotisations françaises s’ajoutent

≈ 16 052 €, taux effectif combiné ≈ 46,5 %

Le seul chiffre stable de ce tableau est celui des dividendes, parce que les deux taux qui le composent - 22/78 côté estonien et 31,4 % côté français - sont fixes et déjà arrêtés pour 2026. Le coût du salaire et du jeton de présence dépend de votre taux marginal d’impôt, de votre situation familiale et du barème de cotisations applicable une fois l’OÜ immatriculée au CNFE : faites chiffrer votre cas précis avant de figer une politique de rémunération plutôt que de vous fier à un pourcentage générique.

Quel mix choisir selon votre profil

Il n’existe pas de réponse universelle, mais le choix se simplifie vite une fois deux questions posées : avez-vous déjà une couverture sociale ailleurs, et voulez-vous construire des droits à la retraite en France à partir de ce revenu ?

  1. Vous travaillez seul depuis la France et c’est votre activité principale - un salaire modeste mais régulier, même inférieur au minimum estonien puisque le contrat suit alors le droit français, reste la seule voie qui valide des trimestres de retraite en France. Les dividendes en complément financent le reste sans charge sociale supplémentaire.

  2. Vous avez déjà une couverture sociale complète par ailleurs (conjoint salarié, autre activité en France, PUMA suffisante pour la maladie) - les dividendes seuls minimisent le coût immédiat. Surveillez la trésorerie accumulée dans l’OÜ au regard de l’article 123 bis et distribuez régulièrement plutôt que de laisser le bilan gonfler.

  3. Vous siégez au conseil mais déléguez le travail opérationnel à un tiers - un jeton de présence modéré rémunère votre mandat sans prétendre rémunérer un travail que vous n’exécutez pas ; gardez à l’esprit que la sécurité sociale française peut malgré tout s’appliquer si vos fonctions impliquent un travail réel exercé depuis la France.

  4. Vous approchez de la retraite ou voulez maximiser votre couverture française - combinez un salaire au moins suffisant pour valider un trimestre chaque trimestre avec des dividendes pour le reste ; le coût social supplémentaire achète une couverture que les dividendes seuls n’achètent jamais.

Salaire, jetons de présence ou dividendes : nous calculons, déclarons et tenons les échéances estoniennes

Voir la comptabilité

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L’essentiel à retenir

Aucune des trois voies n’est fausse, et l’Estonie ne vous impose aucune d’entre elles : le choix se joue côté français, entre impôt sur le revenu, cotisations sociales et couverture construite. Un salaire pour un travail exécuté en France est français de bout en bout, impôt et cotisations compris. Un jeton de présence reste estonien pour l’impôt mais redevient français pour la sécurité sociale dès que le travail est réellement exercé depuis chez vous. Les dividendes évitent toute cotisation mais n’en construisent aucune, et une trésorerie qui s’accumule indéfiniment finit par attirer l’article 123 bis. Documentez votre choix - résolution fixant le jeton de présence ou son absence, contrat de travail le cas échéant, résolution de distribution pour chaque dividende - avant votre premier versement, pas après un contrôle.

Questions fréquentes

Un jeton de présence estonien est-il imposé en France si je vis à Lyon ou à Nantes ?

Oui, en plus d’être imposé en Estonie. L’article 16 de la convention franco-estonienne donne à l’Estonie le droit de taxer le jeton de présence à 22 %, mais votre résidence fiscale française vous oblige à réintégrer ce même revenu dans votre déclaration française, avec un crédit d’impôt correspondant à l’impôt estonien déjà versé. Le jeton de présence n’échappe donc jamais à l’un des deux systèmes, contrairement à ce que suggère parfois son statut de mandat social plutôt que d’emploi.

Puis-je garder un certificat A1 estonien alors que je vis en France ?

Non, dans la grande majorité des cas. Le certificat A1 est réservé aux situations de détachement temporaire, où un employeur envoie un salarié travailler pour une durée limitée dans un autre État membre. Un fondateur qui réside en permanence en France et y exerce durablement son activité n’est pas en situation de détachement : le règlement 883/2004 applique alors sa règle de base, la sécurité sociale du lieu de travail effectif, sans exception possible.

Le salaire minimum estonien de 886 € puis 946 € s’applique-t-il si je travaille depuis la France ?

Seulement si vous formalisez un contrat de travail de droit estonien - dans ce cas, le salaire contractuel doit respecter le minimum légal 2026 à deux étages : 886 € par mois de janvier à mars, 946 € par mois à compter du 1er avril. Cette obligation reste purement estonienne et contractuelle ; elle ne détermine pas quel pays perçoit l’impôt sur le revenu ni les cotisations sociales, qui suivent leurs propres règles - l’article 15 de la convention et le règlement 883/2004.

Dois-je inscrire mon contrat au registre estonien TÖR même si je ne travaille jamais physiquement en Estonie ?

Oui. Si vous signez un contrat de travail de droit estonien avec votre propre OÜ, l’inscription au registre de l’emploi (TÖR) est due avant le premier jour de travail prévu au contrat, quel que soit le pays où ce travail sera réellement exécuté. C’est une formalité administrative estonienne, distincte de la question de savoir quel pays perçoit ensuite l’impôt et les cotisations sur ce salaire.

Que se passe-t-il si mon OÜ ne me verse jamais rien et garde tout en trésorerie ?

À court terme, rien : les bénéfices non distribués restent taxés à 0 % en Estonie, et vous ne devez ni impôt ni cotisation sur un versement qui n’existe pas. À plus long terme, un bilan dont l’actif devient majoritairement composé de dépôts et de valeurs mobilières peut faire entrer votre OÜ dans le champ de l’article 123 bis du CGI, qui peut alors taxer en France un revenu réputé distribué même sans distribution réelle - faites valider la composition de votre bilan par un fiscaliste avant de laisser la trésorerie s’accumuler durablement.

Comment l’impôt payé en Estonie est-il pris en compte sur ma déclaration française ?

Cela dépend du type de revenu. Pour un jeton de présence ou un salaire imposé en Estonie, la convention franco-estonienne applique la méthode du crédit d’impôt (article 23) plutôt que l’exonération - vérifiez le mécanisme de calcul exact avec votre fiscaliste. Pour un dividende, en revanche, il n’y a rien à créditer : l’Estonie ne retient aucune retenue à la source sur les dividendes ordinaires, si bien que le PFU français de 31,4 % s’applique en totalité, sans réduction conventionnelle.

Quelle voie ouvre le plus de droits sociaux en France ?

Le salaire, sans comparaison possible : c’est la seule des trois voies qui valide des trimestres de retraite et ouvre une couverture complète du régime général français, précisément parce qu’il correspond à un travail réellement rémunéré et déclaré. Le jeton de présence peut ouvrir des droits similaires si la sécurité sociale française s’applique à votre situation, mais ce n’est pas automatique. Les dividendes, eux, n’ouvrent aucun droit social, quel que soit leur montant.

Salaire, jeton de présence ou dividende : nos comptables déclarent chaque option correctement

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