Europe

Europe

OÜ vs SASU vs micro

11 min read

11 min read

OÜ estonienne vs SASU vs auto-entrepreneur : comparatif complet pour un fondateur non-résident

OÜ, SASU ou auto-entrepreneur : création (265 €, 195 €, gratuite), cotisations 12,3-25,6 %, IS 15/25 %, PFU 31,4 % - le tableau complet, critère par critère.

OÜ, SASU ou auto-entrepreneur : création (265 €, 195 €, gratuite), cotisations 12,3-25,6 %, IS 15/25 %, PFU 31,4 % - le tableau complet, critère par critère.

Trois statuts, trois logiques fiscales et sociales différentes : voilà la vraie difficulté du choix entre OÜ estonienne, SASU et auto-entrepreneur. Aucun n’est universellement meilleur, et la comparaison ne se résume pas à un taux d’impôt sur les sociétés. Cet article construit la matrice de référence, critère par critère : création, capital, responsabilité, statut social du dirigeant, imposition du bénéfice puis de la distribution, TVA, plafonds, comptabilité, crédibilité, embauche, sortie, et les risques propres à chaque montage. Un point structure tout le reste : si vous vivez en France, vous restez résident fiscal français quelle que soit la forme choisie.

Arrête de scroller. Demande à l'IA – c'est gratuit !

Arrête de scroller. Demande à l'IA – c'est gratuit !

Arrête de scroller. Demande à l'IA – c'est gratuit !

L’essentiel en bref

  • Création : micro-entreprise gratuite, SASU environ 195 € de formalités incompressibles, OÜ 265 € au registre estonien en ligne (hors carte e-Residency, 100-150 €).

  • Capital : 0,01 € pour l’OÜ, librement fixé (à partir de 1 €) pour la SASU, aucun capital pour la micro-entreprise qui n’est pas une société.

  • Statut social : président de SASU assimilé salarié (environ 80 % de charges sur le net, pas de chômage) ; micro-entrepreneur à 12,3 %, 21,2 % ou 25,6 % du CA ; dirigeant d’OÜ travaillant depuis la France reste, de toute façon, affilié à la sécurité sociale française.

  • Bénéfice : 0 % en Estonie tant qu’il reste dans la société, IS français à 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 % en SASU, barème de l’IR sur un CA abattu en micro.

  • Distribution : 22/78 puis PFU de 31,4 % pour l’OÜ (environ 46,5 % au total), PFU seul pour un dividende de SASU, aucune notion de dividende en micro-entreprise.

  • Aucune des trois formes n’efface le fait que, si vous vivez en France, vous êtes résident fiscal français.

Le tableau comparatif complet

Voici la matrice de référence pour un fondateur non-résident, critère par critère. Chaque ligne est développée plus bas, avec les nuances qui ne tiennent pas dans un tableau. Lisez d’abord la ligne « statut social » et la ligne « risques » : ce sont celles que les pages promotionnelles passent le plus souvent sous silence.

Critère

OÜ estonienne

SASU

Auto-entrepreneur (micro)

Coût de création

265 € en ligne (+ carte e-Residency 100-150 €)

≈ 195 € de formalités incompressibles

Gratuite

Délai de création

≈ 1 jour ouvré, carte e-Residency en main

Quelques jours à deux semaines

Quelques jours ouvrés

Capital social

0,01 €

Librement fixé, à partir de 1 €

Aucun (pas une société)

Responsabilité

Limitée aux apports

Limitée aux apports

Patrimoine professionnel engagé, personnel protégé de plein droit

Statut social du dirigeant

Sécurité sociale française si travail depuis la France (règl. 883/2004)

Assimilé salarié, ≈ 80 % de charges sur le net, pas de chômage

Cotisations proportionnelles au CA : 12,3 % / 21,2 % / 25,6 %

Imposition du bénéfice

0 % si non distribué

15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 %

Barème de l’IR sur CA abattu (34 / 50 / 71 %)

Imposition de la distribution

22/78 + PFU 31,4 % ≈ 46,5 % combiné

PFU 31,4 % seul, aucune cotisation

Sans objet, pas de dividende

TVA

24 %, seuil 40 000 €

20 %, franchise 37 500 € / 85 000 €

20 %, franchise 37 500 € / 85 000 €

Plafond de chiffre d’affaires

Aucun

Aucun

83 600 € services / 203 100 € vente

Comptabilité

Comptable + rapport annuel obligatoires

Comptes annuels + liasse fiscale obligatoires

Livre des recettes, aucune comptabilité d’engagement

Publicité des comptes

Rapport annuel public sur le registre estonien

Dépôt au greffe, consultable par des tiers

Aucune publication

Crédibilité clients/banques

Bonne en B2B européen, moins lisible pour un client ou banquier français

Référence pour un client ou banquier français

Perçue comme moins « sérieuse », surtout en B2B international

Embauche

Possible, mais enregistrement obligatoire comme employeur étranger (CNFE/TFE)

Directe, comme tout employeur français

Possible en théorie, rarissime en pratique

Sortie / revente

Cession de parts, plus-value imposable en France pour un résident

Cession d’actions, régime des plus-values mobilières

Pas de titres, transfert informel de la clientèle

Risque propre à la forme

Siège de direction effective, établissement stable, article 123 bis

Aucun (société déjà française)

Aucun (statut déjà français)

Vous avez choisi l'OÜ ? Enty s'occupe de la création et de l'adresse légale

Créer ma société

Créer ma société

Création : coût réel et délai

La micro-entreprise gagne ce critère sans discussion : immatriculation gratuite, en ligne, SIRET attribué en quelques jours. Aucune société n’est créée, donc ni statuts, ni capital, ni formalité de publicité à payer.

La SASU coûte environ 195 € de formalités incompressibles : annonce légale (142 € HT), immatriculation au greffe (33,83 € TTC) et inscription au registre des bénéficiaires effectifs (19,33 € TTC), hors capital et honoraires éventuels de rédaction des statuts. Documents prêts, comptez de quelques jours à deux semaines avant l’immatriculation effective.

L’OÜ coûte 265 € au registre du commerce estonien en ligne, davantage via un notaire. Pour un non-résident, il faut d’abord la carte e-Residency (100-150 €), dont le délai dépend d’un rendez-vous en ambassade, donc de plusieurs semaines. Une fois la carte en main, l’immatriculation prend environ un jour ouvré : le vrai goulot d’étranglement est la carte, pas la société.

Capital social et responsabilité

L’OÜ et la SASU sont des sociétés à responsabilité limitée : votre exposition se limite en principe à vos apports. Le capital minimum d’une OÜ est de 0,01 €, purement symbolique ; celui d’une SASU est librement fixé, à partir de 1 €, mais un montant plus consistant rassure un banquier ou un investisseur futur.

L’auto-entrepreneur n’est pas une société : vous exercez en nom propre. Depuis la réforme de l’entrepreneur individuel, votre patrimoine personnel est protégé de plein droit et distinct du patrimoine professionnel, qui reste engagé sans écran de capital comparable à celui d’une OÜ ou d’une SASU.

Statut social du dirigeant : ce que vous payez, ce que vous obtenez

C’est le critère le plus mal compris des trois : cotisation sur salaire, cotisation sur chiffre d’affaires, ou rattachement automatique à un régime national qui ne dépend ni du pays d’immatriculation ni de qui vous paie.

SASU : assimilé salarié, tout sauf le chômage

Le président de SASU relève du régime général comme un cadre salarié : cotisations combinées d’environ 80 % du salaire net (≈ 54 % patronales, 28 % salariales), pour une couverture complète (maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité). Ce qu’elles n’achètent jamais, c’est le chômage : pas de droit à France Travail par défaut. Sans salaire versé, les cotisations sont nulles mais aucun droit ne s’accumule.

Micro-entrepreneur : des cotisations proportionnelles au CA

Les cotisations d’un auto-entrepreneur sont un pourcentage direct du CA encaissé, versé à l’URSSAF : 12,3 % vente de marchandises, 21,2 % services BIC, 25,6 % BNC non réglementé hors CIPAV (en hausse depuis 24,6 % en 2025), 23,2 % professions CIPAV. Elles sont dues sur tout le CA, dépensé ou non : aucun équivalent de bénéfice mis en réserve non taxé.

OÜ estonienne : le règlement européen renvoie à la France

C’est le point que les pages de vente sur l’e-Residency oublient le plus souvent. Le règlement européen 883/2004 fait dépendre l’affiliation sociale du lieu où le travail est physiquement effectué, pas du pays d’immatriculation de la société. Un fondateur qui vit et travaille en France pour sa propre OÜ relève donc de la sécurité sociale française, que l’Estonie prélève ou non des charges sur cette personne.

Si l’OÜ verse un salaire pour un travail en France, elle doit s’enregistrer comme employeur étranger auprès du Centre national des firmes étrangères (CNFE), rattaché à l’Urssaf Alsace, et utiliser le Titre firmes étrangères (TFE) pour cotiser en France. Alternative : mandataire social non rémunéré, sans cotisation due mais sans couverture accumulée — un arbitrage, pas une faille à exploiter.

Qui paie quoi sur le bénéfice ?

Les trois statuts suivent des logiques d’assiette différentes : profit conservé, profit distribué, ou CA abattu forfaitairement. Comparer les taux sans comparer l’assiette est l’erreur la plus fréquente.

Une OÜ ne paie 0 % d’IS que sur le bénéfice laissé dans l’entreprise : un report d’imposition, pas une exonération. Une SASU paie l’IS français dès que le bénéfice est constaté, distribué ou non : 15 % jusqu’à 42 500 € pour les PME éligibles, puis 25 % au-delà. Un auto-entrepreneur n’a pas de bénéfice distinct du CA : il est imposé au barème de l’IR sur un CA réduit d’un abattement forfaitaire (34 % BNC, 50 % services, 71 % vente), quels que soient ses frais réels — avec des charges élevées, il peut être imposé sur un bénéfice fictif, ce qu’aucune société ne subit.

Le barème de l’IR 2026 : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % de 11 601 € à 29 579 €, 30 % de 29 580 € à 84 577 €, 41 % de 84 578 € à 181 917 €, 45 % au-delà, par part. Ce barème s’applique au CA abattu du micro-entrepreneur, et au salaire d’un président de SASU après abattement pour frais professionnels.

Qui paie quoi quand vous sortez l’argent de la société ?

C’est ici que l’écart entre OÜ et SASU se creuse le plus, et le comparatif chiffré dividendes vs SASU le détaille ligne par ligne. Pour une OÜ, distribuer déclenche l’impôt estonien en 22/78 du net distribué, puis le PFU français de 31,4 % sur le dividende reçu. L’Estonie ne retenant rien à la source, il n’y a rien à imputer au titre du crédit d’impôt conventionnel : le résident français paie le PFU en entier, pour un taux effectif combiné d’environ 46,5 %. Vous déposez et payez vous-même le formulaire 2778-DIV-SD au plus tard le 15 du mois suivant.

Un dividende de SASU suit un chemin plus court : le seul PFU de 31,4 % (ou, sur option, le barème avec abattement de 40 %), et surtout, contrairement à un gérant majoritaire d’EURL, il n’est jamais soumis aux cotisations sociales, quel qu’en soit le montant. Un auto-entrepreneur, lui, n’a pas cette question à se poser : il n’existe pas de bénéfice séparable de la rémunération, tout le CA encaissé est déjà taxé au fil de l’eau.

TVA, seuils et plafonds de chiffre d’affaires

L’OÜ s’immatricule à la TVA estonienne dès 40 000 € de CA, taux standard 24 % depuis juillet 2025. Côté français, la franchise en base s’applique jusqu’à 37 500 € (services) et 85 000 € (vente), seuils confirmés définitifs en 2026. Pour la vente à distance à des particuliers dans l’UE, le seuil OSS de 10 000 € s’applique de la même façon à une OÜ ou à une société française.

Le plafond de chiffre d’affaires est propre au régime micro : 83 600 € services et activités libérales, 203 100 € vente et hébergement. Ni la SASU ni l’OÜ n’ont de plafond, puisque ce sont de vraies sociétés imposées sur leur bénéfice, pas sur leur CA — souvent la vraie raison de quitter le régime micro, bien avant tout taux d’imposition.

Votre choix se porte sur l’OÜ ? Création en ligne, adresse légale et personne de contact incluses

Créer ma société

Créer ma société

Comptabilité, publicité des comptes et coût annuel

L’auto-entrepreneur n’a aucune comptabilité d’engagement : un livre des recettes suffit, rien n’est publié. La SASU fait approuver ses comptes par l’associé unique, les dépose au greffe et produit une liasse fiscale complète, ce qui implique presque toujours un expert-comptable. L’OÜ suit une logique voisine, avec en plus le coût d’une adresse légale et d’un contact local, obligatoires pour un non-résident. Aucune des deux sociétés n’échappe à un budget comptable réel, contrairement à la micro-entreprise.

Le rapport annuel d’une OÜ est déposé sur le registre estonien dans les six mois suivant la clôture, soit le 30 juin pour un exercice civil, et devient consultable publiquement ; le défaut de dépôt expose à une amende jusqu’à 3 200 € par manquement, visant la société et ses dirigeants. Les comptes d’une SASU, déposés au greffe, sont également consultables par des tiers. Un auto-entrepreneur ne publie rien.

Crédibilité auprès des clients et des banques

Pour un client ou un banquier français, la SASU reste la référence immédiatement lisible : SIREN, RCS, structure familière. Un auto-entrepreneur est parfois perçu comme moins « sérieux », surtout en B2B international, en partie parce qu’il ne facture pas de TVA sous la franchise. Une OÜ, vraie société européenne dotée d’un numéro de TVA intracommunautaire, fonctionne bien en B2B européen, mais reste moins lisible pour une banque française peu familière du registre estonien ; son compte passe en pratique par un établissement de monnaie électronique (Wise, Payoneer, Revolut Business).

Embauche

Une SASU embauche comme n’importe quel employeur français, via le circuit URSSAF classique. Un auto-entrepreneur peut théoriquement embaucher, mais c’est rarissime : cela ajoute d’un coup des obligations de paie complètes, à contre-courant de la simplicité du régime. Une OÜ employant une personne en France doit, comme le dirigeant, s’enregistrer auprès du CNFE et utiliser le TFE pour cotiser en France comme un employeur français.

Sortie et revente

L’auto-entrepreneur n’a pas de titres à céder : seulement une clientèle qui se transmet de façon informelle. La SASU se cède par cession d’actions, imposée selon le régime des plus-values de cession de valeurs mobilières. L’OÜ se cède par transfert de parts sur le registre estonien, opération simple côté estonien ; mais pour un résident fiscal français, la plus-value reste imposable en France au titre de son revenu mondial.

Aucune des trois structures ne change votre pays de résidence fiscale. La SASU et la micro-entreprise sont françaises par construction ; l’OÜ ne le devient que si vous la dirigez au jour le jour depuis votre salon en France, et c’est précisément ce que le siège de direction effective, l’établissement stable et l’article 123 bis du CGI sont conçus pour repérer.

Le risque propre à l’OÜ : direction effective, établissement stable, article 123 bis

C’est la ligne du tableau que la SASU et la micro-entreprise n’ont pas, parce que ce sont déjà des structures françaises : aucun risque de double résidence fiscale ne se pose pour elles. Pour une OÜ dirigée depuis la France, trois mécanismes peuvent remettre en cause le 0 % apparent — le détail complet vit dans les règles CFC françaises applicables à une société e-Residency.

Le siège de direction effective : si les décisions réelles sont prises en France, l’administration peut soutenir que la société elle-même y est fiscalement résidente. L’établissement stable : un agent dépendant qui conclut habituellement des contrats en France pour l’OÜ suffit à en créer un, rendant les bénéfices attribuables imposables en France. L’article 123 bis du CGI vise un particulier détenant au moins 10 % d’une structure à régime privilégié dont l’actif dépasse 50 % de valeurs mobilières ou dépôts : une OÜ opérationnelle en est en principe hors champ, mais une OÜ dont la trésorerie finit par dominer le bilan peut y entrer, à faire valider par un fiscaliste. L’Estonie étant membre de l’UE, une clause de sauvegarde protège les structures sans montage artificiel.

Comptes annuels, TVA, rapport : confiez la comptabilité de votre OÜ à des experts

Voir la comptabilité

Voir la comptabilité

Verdict : quelle forme pour quel profil ?

L’auto-entrepreneur convient à qui démarre en France, reste sous les plafonds de 83 600 € ou 203 100 €, a des charges faibles et veut zéro comptabilité. C’est le statut le plus simple, mais celui qui ne laisse aucune place au bénéfice conservé ni à la déduction des frais réels.

La SASU convient à qui reste résident fiscal français, veut une couverture sociale complète comme assimilé salarié (retraite complémentaire comprise, chômage excepté), une structure immédiatement crédible auprès des clients et banques françaises, la possibilité d’embaucher directement, et des dividendes au seul PFU sans cotisations. C’est le choix par défaut d’un fondateur qui construit son activité en France.

L’OÜ estonienne convient à qui a une vraie substance hors de France, vend en B2B à travers l’UE, ou envisage sérieusement de déplacer sa résidence. Elle ne convient pas à qui espère, en gardant sa vie en France, faire disparaître l’imposition sur ce qu’il en retire : le siège de direction effective, l’établissement stable et l’article 123 bis existent pour ce cas précis, et le prélèvement combiné sur une distribution reste proche de 46,5 %.

Le cadre pour trancher entre rester en France ou construire réellement ailleurs se trouve dans le comparatif e-Residency vs société en France ; les simulations chiffrées de net perçu par niveau de CA sont détaillées dans le comparatif auto-entrepreneur vs SASU vs OÜ. Ce comparatif retient une chose : le choix de structure ne remplace jamais une question plus fondamentale, où vivez-vous réellement, et où prenez-vous vos décisions.

Questions fréquentes

Quelle est la structure la moins chère à créer ?

La micro-entreprise, gratuite et immédiate. La SASU coûte environ 195 € de formalités incompressibles, hors capital et honoraires éventuels. L’OÜ coûte 265 € au registre estonien, plus 100-150 € de carte e-Residency, préalable obligatoire pour un non-résident.

Le président de SASU cotise-t-il autant qu’un salarié ?

Oui, presque : les cotisations combinées représentent environ 80 % du salaire net versé, pour une couverture équivalente à un cadre du régime général, retraite complémentaire comprise. La seule exception est l’assurance chômage, à laquelle un président de SASU n’a pas droit par défaut.

Une OÜ estonienne dispense-t-elle de cotiser en France ?

Non. Le règlement européen 883/2004 fait dépendre l’affiliation sociale du lieu où le travail est physiquement effectué, pas du pays d’immatriculation de la société. Un fondateur résidant et travaillant en France pour sa propre OÜ relève de la sécurité sociale française, et l’OÜ doit s’enregistrer comme employeur étranger auprès du CNFE si elle lui verse un salaire.

Le bénéfice non distribué d’une OÜ est-il vraiment à 0 % si je vis en France ?

En théorie oui côté estonien, mais avec deux réserves françaises : si le siège de direction effective ou un établissement stable se trouve en France, ces bénéfices peuvent être rattachés à la France ; et si la trésorerie finit par représenter plus de la moitié du bilan de l’OÜ, l’article 123 bis du CGI peut s’appliquer, à faire valider par un fiscaliste.

Une SASU permet-elle de sortir des dividendes moins taxés qu’une OÜ ?

Oui, nettement. Un dividende de SASU supporte le seul PFU de 31,4 %, sans cotisation sociale. Un dividende d’OÜ perçu par un résident français cumule l’impôt estonien en 22/78 et le PFU de 31,4 % sur le montant reçu, pour un taux effectif combiné proche de 46,5 %, sans crédit d’impôt conventionnel puisque l’Estonie ne retient rien à la source.

Le plafond de chiffre d’affaires du micro-entrepreneur s’applique-t-il à la SASU ou à l’OÜ ?

Non. Les plafonds de 83 600 € et 203 100 € sont propres au régime micro-entrepreneur. Ni la SASU ni l’OÜ n’ont de plafond de chiffre d’affaires, puisque ce sont de vraies sociétés imposées sur leur bénéfice.

Quelle forme choisir pour être crédible auprès d’un client B2B européen ou d’une banque française ?

Pour un client européen en B2B, l’OÜ fonctionne bien grâce à son numéro de TVA intracommunautaire. Pour un banquier ou un client français, la SASU reste la structure la plus immédiatement lisible ; l’OÜ y est moins familière, et son compte passe en pratique par un établissement de monnaie électronique plutôt qu’une banque traditionnelle.

Peut-on cumuler auto-entreprise et OÜ estonienne ?

Juridiquement oui, ce sont deux statuts distincts. La prudence porte sur l’endroit où vous exercez réellement l’activité de l’OÜ : si vous la dirigez au jour le jour depuis la France, le risque d’établissement stable ou de siège de direction effective s’applique indépendamment de votre statut de micro-entrepreneur par ailleurs.

Got questions about starting or running a company in Estonia? Ask us!

Got questions about starting or running a company in Estonia? Ask us!

Ne ratez pas nos conseils d'entreprise dans la newsletter

Schedule a free call to learn more about our solution!